Il y a sans conteste un avant et un après
Je n'ai pas cru avoir changée
Aujourd'hui quand je me retourne sur ces presque quatre années, j'ai l'horrible impression de ne plus jamais avoir rit pareil. Je me dis égoïstement que je n'ai plus jamais été vraiment heureuse, ce qui est sans doute faux. Ce qui a en réalité changé c'est que je n'ai plus jamais rit avec insouciance. Je n'ai plus jamais agit sans penser aux conséquences futures. Je ne me suis plus jamais endormis sans prier le seigneur que le lendemain au réveil tout le monde serait en vie.
Les années ont passé et d'autres que toi se sont envolés, mais je ne me suis plus jamais révoltée. J'ai grandi je crois, et c'est ce qui aujourd'hui m'attriste tant.
Je me souviens d'un temps où nous étions inséparables. Si certains jours la vie nous paraissait trop dure, nous avions quatre piliers sur qui compter : la folie d'Anaïs pour nous changer les idées en un rien de temps ; la fidélité inconditionnelle de Kheira pour nous défendre contre tous ; la capacité de Sarah à relativiser en toutes circonstances ; et ton dévouement extrême pour nous écouter, nous conseiller et décortiquer avec nous les situations les plus complexes de nos existences ... d'ados !
Nous nous sommes aimées, entraidées, et avons partagé ensemble certaines de mes plus belles années.
Aujourd'hui tu manques à l'appel, un appel qu'on ne fait d'ailleurs plus tant nos chemins se sont éloignés. Si le souvenir de notre amitié perdure et que chacune s'enquiert de nouvelles des autres, nous ne pouvons désormais plus former cette étoile du passé. Quatre branches ne suffisent apparemment pas, mais chacune d'entre nous conserve dans sa tête ces instants précieux comme un souvenir indélébile.
Tes mots continuent de nous faire avancer, et nous aident à grandir mais ta fraîcheur me manque.
Tu incarnes l'espoir, la tolérance, et la persévérance. Tu contribuais tant à mon équilibre qui aujourd'hui me fait défaut, je relis alors tes écrits pour continuer de vivre et d'espérer comme au temps de notre insouciance :
« Hisse ta voile, regarde l'horizon
Suis ton étoile, sors de tes prisons ».